Rencontre avec les pompiers du Canada

Rencontre avec les pompiers du Canada

jeudi 14 décembre 2017 0 Par Le Monde des Pompiers

Formation pompiers Laval

Nous avons rendez-vous dimanche matin à 7h30 pour rencontrer des pompiers à l’IPIQ (Institut de Protection contre les Incencies de Quebec) de Montréal. Cette école forme les futurs pompiers ainsi que les pompiers confirmés qui souhaitent perfectionner leurs connaissances. La semaine ce sont les futures recrues et le week-end ou plutôt la fin de semaine comme disent les québécois, ce sont les pompiers déjà en poste. Ce matin là nous suivons l’équipe du Capitaine Richard qui s’entraine sur la progression avec une lance. Cette technique est utilisée lorsque les pompiers sont dans une pièce en feu et doivent progresser au plus près du sol pour éviter les fumées chaudes et les éventuels phénomènes d’embrasement des fumées au plafond. Les binômes se succèdent sous une neige battante.

L’élite des pompiers à Montréal

Pompiers de Montréal

Le système québécois est particulier, car cette école forme chaque année 144 futures recrues. En France vous devez d’abord être admis à un concours pour ensuite être recruté par un SDIS qui vous formera par la suite pour plusieurs mois. Ici c’est l’inverse les candidats passent toutes sortes de tests pour rentrer à l’école puis sont formés pendant 1 an au métier de pompier. Ensuite seulement, les meilleurs vont à Montréal et les autres doivent postuler dans d’autres services municipaux. Au Québec les pompiers sont gérés à l’échelle municipale donc aucune équivalence si vous souhaiter changer de ville. Pour les villes de plus de 250 000 habitants, 2 années supplémentaires sont nécessaires pour approfondir notamment les principes de prévention. A la fin des 3 années d’étude, uniquement 30% d’entre eux seront recrutés par une ville. Ainsi chaque année le ministère de l’éducation forme 70% de candidats pour rien…le système est vivement critiqué par les différents pompiers avec qui nous avons échangé.

La protection des pompiers au cœur du système

L’école de formation insiste beaucoup sur les protocoles de désenfumage et nettoyage après exercice avec mise en situation en présence de feu et donc de fumée. Comme aux Etats-Unis les canadiens prennent des mesures pour améliorer les conditions de travail des sapeurs-pompiers par rapport à l’augmentation des cancers. Ici tous les équipements sont nettoyés ainsi que la cabine du camion mais aussi les tenues de lutte contre les incendies avec port d’un masque de protection.


Visite d’une caserne de Montréal

Caserne de Montréal

Après plusieurs tentatives de visites infructueuses, car les pompiers interviennent beaucoup et sont donc peu à la caserne, nous arrivons quand même à visiter les casernes n° 25 et n°20.

Les pompiers canadiens et plus particulièrement québécois n’interviennent qu’en premier répondant c’est-à-dire qu’ils n’ont pas d’ambulance, mais ont un kit et une formation minimum pour pouvoir réaliser les premiers secours. Ces casernes sont quasiment toutes faites sur le même modèle c’est-à-dire qu’il y a un fourgon de lutte contre les incendies et une échelle d’environ 30 mètres. Le système de garde est plutôt complexe, mais ils devraient être amené à travailler en 24h de garde/48h de repos dans les années à venir. Il n’y a aucun volontaire en milieu urbain. Pour ce qui est des femmes, le pourcentage est tellement faible qu’ils n’arrivent même pas à nous l’indiquer. Des campagnes de promotion pour les personnels féminins sont en train d’être réalisées ainsi que pour toucher les « ethnies », car le Québec est une terre d’accueil cosmopolite. A la caserne n°20, nous assistons à une démonstration concernant un retour d’expérience d’une intervention meurtrière en 2006. Ce jour là, le Capitaine Marleau perdait la vie dû à un phénomène peu connu des fumées froides. Ces fumées dans un espace clos s’embrasent avec l’apport d’une source de chaleur et non pas d’air comme c’est le cas pour les ‘backdraft‘. Ce jour là l’expérience n’a pas été concluante mais l’échange avec le Capitaine a encore une fois été très instructif.

La caserne possède le fourgon le plus actif de l’Amérique du nord avec 6000 interventions par an sur 10 000 environ pour cette seule caserne.


Visite d’une caserne à Québec City

Pompiers Quebec

Le système est tout a fait similaire à celui de Montréal, la particularité se trouve au niveau du camion échelle, car il possède 2 conducteurs. En effet, dans la cabine arrière le conducteur actionne les roues arrières. Cela permet d’articuler le camion et ainsi de lui permettre de se faufiler dans les rues étroites du centre-ville. Cette caserne réalise environ 700 interventions par an, c’est une ‘petite’ caserne.

camion pompiers quebec