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mai 09 2017

Rencontre à l’état-major des pompiers de Putrajaya, capitale administrative de la Malaisie

Rencontre à l’état-major des pompiers de Putrajaya

capitale administrative de la Malaisie

putrajaya

Nous avions rendez-vous à Putrajaya avec les Superintendants (équivalent colonel en France) Hafizal Bin Mohd Razali (en charge du développement des pompiers à l’Etat-Major) et Mohd Hilman bin Abul Rashid (Directeur du Fire Department de Putrajaya, équivalent SDIS) au sein du Fire and Rescue Department of Malaysia. Après une brève présentation de la caserne présente sur le site (environ 80 pompiers en 3 équipes pour des gardes de 12h), nous visitons le centre de traitement de l’alerte (CTA).

pompiers putrajaya

Pompiers de la caserne principale de Putrajaya

En Malaisie, c’est le 999 qu’il faut composer pour les secours, numéro unique qui permet de contacter aussi bien les pompiers, que la police ou le SAMU. Un opérateur filtre les appels et les dispatche en fonction de la situation. Ce système à l’avantage de bloquer les faux appels dès le début, en revanche le process rajoute quelques secondes au délai de traitement de l’alerte.

centre appel malaisie

CTA

Un autre écran de la salle permet d’avoir accès au registre des établissements recevant du public (ERP). En effet, comme en France les pompiers doivent contrôler ces installations. Ce système s’active lorsqu’une alarme est déclenchée dans l’un de ces établissements ce qui permet d’avoir une traçabilité des interventions précédentes ainsi que les coordonnées pour vérifier rapidement s’il s’agit d’une fausse alerte ou d’un incident avéré.

ambulance putrajaya

Ambulance

Les pompiers malaisiens ne font pas de secours à victime, ils n’étaient pas dotés d’ambulance jusqu’à il y a peu, car ce sont celles des hôpitaux qui interviennent. Aujourd’hui les ambulances apparaissent petit à petit dans les casernes, mais elles sont là en priorité pour secourir les pompiers si besoin. Ainsi tout départ de fourgon (8 personnels) est systématiquement couplé avec un départ d’ambulance.

La Malaisie a la particularité d’avoir un réseau avec de nombreuses strates :

  • Il y a environ 40 000 sapeurs-pompiers dont 13 000 sont professionnels
  • Les volontaires c’est-à-dire qu’ils sont indemnisés de 6 RM/h soit environ 1,2€/h (contre 6 fois plus en France). Les casernes de volontaires ont toutes un chef de centre professionnel, et ils effectuent des gardes de 12h comme les professionnels. C’est l’équivalent de nos gardes postées pour les volontaires en France.
  • Il existe aussi des volontaires qui ne sont pas en caserne, mais qui ont un bip et qui vont directement sur intervention le temps que le camion arrive avec les uniformes et le matériel. Ces derniers ne sont rémunérés que le temps de l’intervention. C’est l’équivalent de nos astreintes en France sauf qu’ils ne vont pas à la caserne lorsqu’il y a un départ.
  • Il existe aussi des bénévoles pompiers qui ne sont absolument pas payés. En fait l’idée est de dire que lorsque des territoires sont trop éloignés d’une caserne alors la population doit être actrice de sa protection. Ainsi si un groupe d’individu souhaite monter une caserne de quartier alors le ministère les aidera en formation et en matériel.
  • Dernier point, il existe aussi des communautés un peu comme des associations de quartier qui s’engagent à faciliter l’intervention des pompiers c’est-à-dire qu’ils ont une formation basique qui leur permet d’intervenir en premier équipier. Si la situation s’intensifie alors les pompiers interviendront avec par exemple l’aide de la communauté pour savoir où se situe l’hydrant le plus proche. Petite parenthèse concernant les hydrants, il existe aussi les ‘amis des hydrants’, ce sont des citoyens qui ‘surveillent’ des poteaux/bouches incendies proches de chez eux. Ils indiquent aux pompiers s’il y a une détérioration, ils repeignent celui-ci lorsque c’est nécessaires et parfois une plaque à leur nom est même mise sur l’hydrant en reconnaissance.

reunion putrajaya

De gauche à droite : Anne, le colonel Hafizal et le colonel Hilman

Le colonel Hafizal, nous explique que la Malaisie met l’accent sur la prévention notamment par le biais de l’information et la formation de la population qui passe aussi par l’éducation. Les pompiers interviennent régulièrement dans les écoles depuis la maternelle jusqu’au lycée. Au lycée il y a même une association d’étudiants, comme un club d’informatique ou d’échec, pour les cadets pompiers.

La Malaisie est un pays en développement qui commence à utiliser des outils d’aide à la décision comme le Système d’Information Géographique (SIG). Rien ne pouvait plus faire plaisir à Anne géomaticienne dans l’âme. Cet outil les aide à cartographier les risques croisés avec les casernes actuelles pour obtenir un état des lieux de la couverture du territoire actuelle. L’objectif étant de couvrir tout point du territoire en 10min. Selon leur calcul, ils ne sont qu’à environ 44% de couverture satisfaisante.

Les pompiers ont des missions annexes dont celle d’aider à reconstruire une quarantaine de maisons par an qui ont subi des dégâts dus à un incendie. En effet, selon certains critères notamment de revenus, les pompiers sont détachés pendant un mois pour réhabiliter les maisons.

Pour finir nous apprenons que la Malaisie n’est pas soumise à de nombreuses catastrophes comparée aux Philippines voisines. En effet, le risque majeur ici est l’inondation. En revanche ils sont parfois touchés par des fumées (brûlis réalisés par les agriculteurs indonésiens qui engendrent de gigantesques feux de forêt) comme ça a été le cas en 1997. Le colonel Hilman a alors fait partie d’un détachement pendant 1 mois pour combattre ce feu, il a d’ailleurs été décoré à cette occasion.

Leur slogan : ‘rapide et sympa’